Livres - N°139 - Février/Mars 2018

Livres

Roman régionaliste

Dans les montagnes alpines des Aravis, trois hommes se retrouvent à la mort de celle qui a broyé leur vie. Souvenirs et confidences de chacun jaillissent pour faire éclater le secret de la défunte… Pourquoi cette femme belle, vénéneuse, ne cachant pas son désir pour d’autres hommes, s’est-elle mariée avec cet honnête paysan, qu’elle méprisait ? Dans sa solitude et sa peine, car l’homme était amoureux, Tronchet a auprès de lui son fils Antoine, revenu de la ville le temps des funérailles, mais aussi Edmé, frère de cœur d’Antoine, toujours fidèle à la besogne. Tous trois forment une chaîne unie, solidaire, délivrée de l’emprise toxique de Germaine, mais pas de leurs tourments, de leur histoire commune, ni de leurs doutes quant aux circonstances étranges de la mort de Germaine. Il y a aussi ce médaillon doré, que tous ont toujours vu au cou de la défunte, qui renfermait un secret… Un secret que Germaine n’a jamais voulu dévoiler.

Et le ciel se refuse à pleurer de Gérard Glatt, éditions Presses de la Cité, 20 €

 

Septième art

Ce beau livre raconte la genèse puis le tournage du film Tout là-haut, réalisé par Serge Hazanavicius, et dont la sortie s’est faite en décembre dernier. L’acteur Kev Adams y incarne Scott, un jeune surfeur dont le parcours initiatique se déroule entre Chamonix et le redoutable couloir Hombein, sur le versant nord de l’Everest. Son itinéraire de vie n’est pas sans rappeler celui d’un certain Marco Siffredi… icône du surf, mort à 23 ans. Conduit par un mentor, interprété par Vincent Elbaz, le jeune Scott descendra les pentes les plus vertigineuses.

Le livre dévoile les secrets de tournage du film, co-écrit par Stéphane Dan, célèbre guide et freerider de la vallée de Chamonix. Pour la première fois, le ski extrême est mis en scène au cinéma pour un large public, grâce à la notoriété de Kev Adams, l’un des jeunes comédiens les plus populaires du moment. Illustré par des photos de Pascal Tournaire, qui a suivi l’intégralité du tournage pour en capter les temps forts, on lira aussi les témoignages des principaux protagonistes que ce tournage a conduits sur les sommets de Chamonix, au Népal et au Ladakh. Une aventure sans précédents.

Tout là-haut - Les coulisses d’un tournage, collectif, éditions Paulsen, 37,50 €

 

Premier de cordée

«Le 2 juin 1995, vers 10h du matin, Michel Charmoz ne regrettait rien. Somme toute, il était plutôt content d’avoir accepté cette course, même si elle retardait son chantier. En juin la neige est bonne, les jours sont longs et le massif est désert, alors… Michel éprouvait comme un sentiment d’évidence à se trouver là, surveillant devant lui chaque pas de son client, gardant la corde tendue dans la descente, supputant l’état du glacier au-dessus du refuge et se demandant s’il aurait le temps de finir aujourd’hui les 2,80 m de lambris dans la chambre du gamin…» Repérer les dangers, les éviter, gérer le risque fait partie de la vie de Michel Charmoz. C’est l’obligation d’assumer ses responsabilités, la capacité d’exercer son libre arbitre, la notion d’engagement, le sens du devoir et le goût du partage qui lui ont fait embrasser le métier de guide. Là-haut, il est à son aise. Il connaît les lois de la montagne et les respecte. Il a plus de mal avec le fonctionnement et les codes du monde d’en bas, surtout quand ils vont à l’encontre de ses convictions et de ce qu’on exige de lui en haut. Le drame se joue souvent là où on ne l’attendait pas.

Le pont de neige de Denis Ducroz, éditions Glénat, 19,95 €

 

Il court, il court…

Qui est le premier trailer ? Peut-être Philipidès, qu’on présente comme le père du marathon : non seulement il n’est pas mort à l’arrivée, mais il a sans doute couru 200 kilomètres de plus que les 42 réglementaires. Peut-être Malcolm iii, roi d’Ecosse qui organisa une course d’endurance dans les Highlands au xie siècle. Peut-être un bushman épuisant l’antilope à la course, un Tarahumara inconnu, un «pedestrian» britannique avalant les miles jusqu’à épuisement…

Jean-Philippe Lefief, traducteur du best-seller Born to run, a puisé dans son expérience de trailer et de journaliste érudit pour relier dans un même récit ces histoires venues du passé où l’endurance dépasse les bornes. Et les faire rimer avec ses propres sensations de triple finisher de l’UTMB, l’ultra trail du Mont-Blanc.

La folle histoire du trail de Jean-Philippe Lefief, éditions Guérin, 25 €

 

Voyage dans le temps

Ce bel ouvrage est un voyage dans le passé glaciaire pour mieux comprendre les paysages alpins d’aujourd’hui. A quoi ressemblaient les paysages d’autrefois, lorsque les glaciers occupaient les vallées alpines ? Comment ont-ils façonné les paysages de montagne d’aujourd’hui ? Quelles sont les traces de leurs actions ? A l’aide de cartes et de photomontages, Sylvain Coutterand nous invite à remonter le temps jusqu’aux époques glaciaires, lorsque Chamonix, Grenoble ou Genève étaient enfouies sous 2 000 mètres de glace. Ce voyage temporel est illustré de comparatifs entre reconstitutions, photos anciennes et photos actuelles. L’auteur propose également des itinéraires dans la vallée du Rhône, celle de Chamonix ou encore le Valais suisse, pour découvrir les plus beaux sites glaciaires tout en randonnant.

L’auteur, Sylvain Coutterand, est originaire de la vallée de Chamonix et docteur en géographie alpine. Il travaille au laboratoire Environnement et Dynamique des territoires de montagne du CNRS de l’université de Savoie depuis sa création.

L’atlas des glaciers disparus de Sylvain Coutterand, éditions Guérin, 35 €

 

Vers l’infini et au-delà

L’alpinisme, plus qu’une activité sportive, un mode d’expression sans cesse renouvelé. «Art de gravir les montagnes», selon la définition ancienne du Larousse, l’alpinisme aurait pu trouver son point final en 1953, quand le sommet de l’Everest a été atteint. Lucien Devies, alors «patron» de l’alpinisme français, ne s’est-il pas interrogé : «Pour les alpinistes, le temps du monde fini commence.» Belle formule, qui sera reprise plusieurs fois, sous d’autres formes, par d’autres observateurs un peu trop pressés d’annoncer la mort de l’activité.

Les alpinistes, à chaque fois, ont, par leurs réalisations et leur inventivité, opposé un démenti formel à ces prophètes. Ils n’ont jamais cessé d’aller plus vite, de faire plus dur, plus beau, à la recherche de nouveaux défis et de nouveaux plaisirs. Aujourd’hui, on ouvre des voies extrêmes sur les géants de la Terre, à deux, avec pour seul viatique ce qu’un sac à dos peut contenir. On escalade les plus grandes parois en escalade libre, transposant à haute altitude ou dans les climats polaires les difficultés jusque-là réservées aux spécialistes des courtes falaises ensoleillées d’Espagne ou du sud de la France…

Ce livre met en scène les plus emblématiques et les plus attachants des acteurs de cette révolution silencieuse, et tente d’explorer les différents domaines d’un alpinisme sans cesse renouvelé.

Les nouveaux alpinistes de Claude Gardien, éditions Glénat, 19,95 €

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Courrier des lecteurs
Suite à notre article sur la destitution du Père Vesin à Megève, M. René Stevens de Marignane (propriétaire Saint-Gervais) nous a adressé la remarque suivante.

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